La Cour européenne a confirmé l’interdiction de diffuser Russia Today – euractiv.sk

Le Tribunal de l’Union européenne a rejeté mercredi la demande de Russia Today de lever les sanctions contre sa filiale française. Le Conseil de l’UE a décidé d’interdire la diffusion de la propagande russe, la décision est donc importante pour l’ensemble du bloc.

Une semaine après le début de l’invasion russe de l’Ukraine (24 février), les pays membres ont adopté des sanctions contre les médias Russia Today (RT) et Sputnik. Les deux stations d’information sont contrôlées par Moscou et accusées de diffuser de la propagande de guerre pour saper la réponse de l’Occident.

Bien que les journalistes russes puissent continuer à travailler sur le territoire européen, ils ne peuvent pas publier leur travail. Cette mesure a été contestée devant la Cour de justice de l’Union européenne par l’une des branches du réseau de médias RT France, affirmant que les sanctions violent leur droit à la défense, la liberté d’expression, le droit d’entreprendre et le principe de non-discrimination. sur la base de la nationalité.

RT France a également contesté le pouvoir du Conseil de l’Union européenne d’adopter une telle législation, arguant que la régulation des médias est entre les mains d’organismes indépendants pour empêcher la politisation de ces questions.

Dans l’arrêt du mercredi 27 juillet, il est précisé que le Conseil de l’UE dispose d’une grande liberté de décision dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune. Le tribunal a en outre conclu que la décision était justifiée dans cette affaire, car la Russie avait violé le droit international en attaquant l’Ukraine et les médias en question étaient considérés comme des médias soutenant l’agression russe.

Le tribunal a également rejeté l’argument selon lequel le Conseil n’avait pas le droit d’agir parce que le média français Arcom n’avait jusqu’alors pas engagé de poursuites contre RT. Au contraire, le fait que les régulateurs nationaux n’aient pas eu le temps de réagir était, selon la Cour, un argument de poids en faveur de l’introduction de l’interdiction simultanément dans tous les États membres.

En outre, le tribunal a déclaré qu’en raison de l’extrême urgence des circonstances, le Conseil n’avait pas violé le droit de RT d’être entendu. Il a donné des raisons similaires dans le cas d’une restriction temporaire de la liberté d’expression sans porter atteinte au principe.

Le tribunal a fondé son raisonnement principalement sur deux objectifs légitimes poursuivis par les dirigeants de l’Union : protéger l’ordre et la sécurité du bloc de la propagande systémique et faire pression sur les autorités russes pour qu’elles cessent les hostilités contre l’Ukraine.

Les juges ont souligné que RT France n’avait pas rendu compte de la guerre en Ukraine de manière équilibrée, avait contribué à déstabiliser les politiques et justifié l’agression russe, portant ainsi atteinte à la sécurité de l’Europe.

Le tribunal considère donc que les sanctions sont adéquates. Puisqu’elles sont temporaires et révocables, selon lui, il n’y a pas eu violation du droit de faire des affaires de RT France. Le média fera appel de la décision. Si le tribunal acceptait d’annuler la décision du Conseil, cela pourrait avoir des répercussions sur la réglementation des médias russes dans l’ensemble du bloc.

Le porte-parole russe Dmitri Peskov a qualifié la réaction à l’interdiction d' »extrêmement négative » et a promis d’exercer des représailles contre les médias européens opérant en Russie. Bien que les sanctions contre les médias restent en place, les experts en désinformation ont mis en doute leur efficacité. De nombreux médias du réseau de propagande russe sont toujours en Europe disponible sur les nouvelles adresses Web et les médias sociaux.

Gaspard Pettigrew

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