Le prince qui a changé la carte de l’Europe. Eugène de Savoie était la terreur des Turcs et le cauchemar du roi de France

Ce pourrait être la rencontre décisive qui mettra fin à cette guerre. Certes, s’il y parvient. Cependant, le duc autrichien Eugène de Savoie ne permet rien d’autre, bien que sa situation se complique de plus en plus. Il y a deux mois, il a traversé le Danube avec une armée de 80 000 hommes pour capturer et arracher Belgrade des mains des Turcs. Depuis lors, 30 000 soldats ennemis ont été bombardés derrière ses murs.

Mais depuis quelques jours, l’assiégeant est devenu l’assiégé. L’armée de 120 000 hommes du grand vizir Chalíl Pacha a été attirée par la forteresse. Il n’attaque pas encore, il attend. Mais jusqu’à quand ?

Nous sommes le 15 août 1717 et le maréchal impérial sait qu’il doit agir. « Nous allons attaquer de nuit. Pas pour la ville, mais pour l’armée qui est venue à son aide », annonce-t-il aux commandants en début de soirée et explique en détail son plan et les règles que chacun doit suivre.

« Donnez des ordres à l’équipe calmement, ne criez pas. L’ennemi a une supériorité numérique, nous devons donc maintenir une discipline de fer. Personne ne s’écarte même d’un mètre de la place qui lui est assignée. L’infanterie tirera constamment sur l’ennemi, car les bombardements continus effraient les Turcs plus que les tirs soudains et intenses », souligne-t-il.

Il est encore loin de l’aube lorsque l’armée impériale quitte le camp contre l’ennemi. Il profite du moment de surprise et le brouillard, qui couvre un moment le paysage, joue en sa faveur. Une bataille à mort s’ensuit, durant plusieurs heures.

Les Ottomans y subissent de lourdes pertes et finissent par s’enfuir. Les défenseurs de la forteresse, voyant ce qui s’est passé, se rendent compte qu’il n’y a plus personne pour les aider et que leur défaite n’est qu’une question de temps. Alors deux jours plus tard, ils se rendent.

Duc et conseiller des trois empereurs

« Prinz Eugen der edle Ritter, wollt dem Kaiser wied’rum kriegen Stadt und Festung Belgerad », lit-on dans la première ligne d’une chanson de célébration que quelqu’un a composée peu après la bataille victorieuse et que de nombreux Autrichiens connaissent encore aujourd’hui. « Le prince Eugène, un noble chevalier, voulait récupérer la ville et la forteresse de Belgrade pour l’empereur. »

Il l’a remporté et a ajouté un autre grand triomphe à son compte. De tous ceux qui ont jamais…

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Léopold Moulin

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