La France et ses alliés retirent leurs troupes du Mali après presque 10 ans

Paris, 17 février (TASR) – La France et ses alliés au sein des forces européennes commencent à retirer leurs troupes du Mali de manière coordonnée après près de dix ans d’opérations contre le soulèvement jihadiste. C’est ce qu’a annoncé jeudi lors d’une conférence de presse à Paris le président français Emmanuel Macron.

Un communiqué signé par la France et ses alliés africains et européens et publié mercredi par l’Elysée précise que «plusieurs obstacles« par la junte au pouvoir ont signifié que les conditions d’une telle mission militaire n’existent plus au Mali.

La décision de retrait s’applique aux forces françaises opérant dans l’opération Barkhane au Sahel, ainsi qu’aux forces européennes de Takuba, que Paris tentait de mettre en place avec ses alliés.

Lors d’une conférence de presse à Paris jeudi, Macron a démenti les allégations selon lesquelles la mission militaire au Mali avait échoué. Cependant, il a expliqué que « nous ne pouvons pas coopérer militairement avec un gouvernement dont nous ne sommes pas d’accord avec la stratégie et les objectifs cachés« .

Il a prévenu qu’il serait au Mali « moins d’opérations antiterroristes »car selon lui, la junte malienne a décidé de se pencher sur ce sujet « beaucoup moins ». Il a déclaré que la junte est « mercenaires engagés »qui ne concerne que leurs intérêts économiques et le maintien de la junte au pouvoir.

Le président français Emmanuel Macron (deuxième à droite), le président ghanéen Nana Afuko Addo (à droite), le président sénégalais Macky Sall (deuxième à gauche) et le président du Conseil européen Charles Michel lors d’une conférence de presse le 17 février 2022 à Paris.
Photo: TASR / AP

Selon l’AFP, Macron avait à l’esprit une organisation paramilitaire russe connue sous le nom de groupe Vagner (connu à l’étranger sous le nom de groupe Wagner) – essentiellement une armée privée affiliée à un proche associé du président russe Vladimir Poutine, le milliardaire Yevgeny Prigozhin.

Dans le même temps, le gouvernement militaire malien continue de nier la présence de ces mercenaires sur son territoire.

Le président français a ajouté que «totalementIl rejette l’idée que la France a échoué dans cette ancienne colonie.

Il a également déclaré que depuis 2013, la France et ses partenaires avaient causé de grandes défaites aux forces du réseau jihadiste Al-Qaïda et de l’État islamique au Sahel, ce qui a affecté leur mode de fonctionnement.

Dans le même temps, il a exprimé l’espoir que le départ des forces Barkhane et Takuba du Mali permettrait «réorienter – à la demande de nos partenaires – là où notre contribution est attendue« .

Il a déclaré que les troupes européennes des forces de Takuba seraient «déplacées» au Niger, une zone frontalière avec le Mali.

Il a également souligné que « les États du golfe de Guinée sont de plus en plus exposés aux tentatives de groupes terroristes de s’installer sur leur territoireSelon Macron, les djihadistes profitent de la perméabilité des frontières nationales.

Paris rapporte qu’avec ces pays « des consultations politico-militaires ont été lancées pour déterminer les modalités de cette action commune d’ici juin 2022« .

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse le 17 février 2022 à Paris.
Photo: TASR / AP

Le président sénégalais Macky Sall, dont le pays assure la présidence de l’Union africaine, a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec Macrono que la lutte contre le terrorisme au Sahel ne pouvait pas être l’affaire des seuls États africains.

L’annonce est intervenue peu de temps avant que Macron ne se rende à Bruxelles pour un sommet UE-Afrique de deux jours jeudi.

Le déploiement des troupes françaises au Mali a été associé à des problèmes en France : sur les 53 soldats morts pendant leur service dans la mission Barkhane, 48 d’entre eux ont perdu la vie au Mali.

En 2013, la France a déployé ses troupes au Mali contre les djihadistes, mais leur soulèvement n’a jamais été complètement réprimé, et de nouvelles inquiétudes sont maintenant apparues que les djihadistes tentent d’infiltrer le golfe de Guinée.

Dans l’image d’archive des soldats au Mali.
Photo: TASR / AP

La nouvelle du retrait des troupes étrangères au Mali est apparue peu avant l’annonce tant attendue par Macron de sa candidature à l’élection présidentielle d’avril. Selon l’AFP, cela va également à l’encontre des efforts de Macron pour prendre la tête de la diplomatie internationale, exhortant la Russie à apaiser les tensions en Europe de l’Est et à faire marche arrière sur le différend ukrainien.

L’agence de presse française AFP déclare que, surtout avec les prochaines élections françaises, la priorité de Macron est de s’assurer que tout retrait de troupes ne conduise pas à une comparaison avec le départ chaotique des États-Unis d’Afghanistan fin 2021.

Séverin Garnier

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