La zone euro est en route vers une économie planifiée. J’appelle ça la japonisation de l’Europe, dit un économiste allemand à HN

Je vais commencer peu orthodoxe, avec le football. Au cours du week-end, Leipzig a remporté la Coupe d’Allemagne pour la première fois de sa courte histoire. Comment est-ce possible?

Ceci est donné par le sponsor principal, qui est Red Bull. Sa stratégie marketing n’était pas seulement de construire un club de football autrichien fort, mais aussi un club de football allemand. Pour Leipzig, gagner la coupe est un gros problème, car les clubs de football de deuxième niveau ne sont généralement pas bien organisés pour gagner. Et tout à coup, il y a un petit et jeune club qui est géré de manière professionnelle et la plupart des gens l’aiment beaucoup.

Est-ce un symbole du capitalisme ?

Oui, c’est en quelque sorte la preuve que le capitalisme fonctionne. C’est la preuve que si un investisseur dispose d’un package financier dont il s’occupe professionnellement, il peut lui apporter un bénéfice financier et de réputation.

Le phénomène du football allemand est le Bayer Munich. Il enchaîne les trophées un à un depuis des années. Mais cela aussi est une conséquence de la politique de relance extrême de la BCE. Les grandes entreprises, en particulier, bénéficient de taux d’intérêt nuls ou négatifs, et dans le football, ce sont de grands clubs. A mon avis, ce n’est pas souhaitable. Ni dans les affaires ni dans le sport.

Essayons de passer du football à l’économie. Qu’est-ce qui ne va pas dans le monde aujourd’hui ?

Ce n’est pas une question aujourd’hui, mais une tendance à long terme. Il y a deux ou trois décennies, les banques centrales des principales zones monétaires du monde ont commencé à réduire les taux d’intérêt. Une fois les crises terminées, ils ont souvent hésité à revenir à leurs niveaux de taux d’intérêt d’origine. Et au cours de ce dernier cycle, ils ont réduit les taux d’intérêt à zéro ou même en territoire négatif, lançant des programmes massifs d’achat d’obligations d’État. Cela a encouragé les gouvernements à dépenser de plus en plus, plaçant le monde dans une situation où la croissance économique dépend des faibles taux d’intérêt et des dépenses publiques. Eh bien, c’est une position trop instable.

Cinq conséquences de la hausse des taux d’intérêt de la BCE

Malgré le fait que dans de nombreux pays de la zone euro, les déficits publics augmentent constamment leur dette, l’Allemagne fait figure d’exception. Pourquoi la différence entre lui et les pays du sud de la zone euro est-elle si abyssale ?

Cela est dû aux différentes positions des banques centrales dans la période précédant l’adhésion à la zone euro. La Bundesbank était déjà neutre à l’époque et refusait de participer au financement de la dette publique. Le gouvernement a dû faire face aux dépenses publiques en augmentant les impôts. Ainsi, il devait approuver les projets de loi démocratiquement au parlement. Et c’est la différence entre l’Allemagne et, par exemple, l’Espagne, l’Italie et la France, où les banques centrales ont longtemps été dépendantes des ministères des Finances et ont soutenu les dépenses publiques, ce qui a entraîné une hausse de l’inflation. Le coeur du gouvernement…

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Gaspard Pettigrew

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